Concentré d´Equateur en deux-trois conversations et quelques heures.

Le week-end dernier, Y. m´a invitée à la fête de fin d´année en l´honneur de son neveu, diplomé du lycée.

Y. a trente ans, n´est pas mariée, mais est depuis quatre ans avec un divorcé père d´une petite fille, sans que ses parents (à elle) ne soient au courant. A trente ans, elle a sa propre voiture depuis un an, a deux emplois, mais doit toujours demander la permission à ses parents avant de sortir. La permission en question est souvent refusée donc elle “s´échappe” discrètement, ou ment.

On arrive à la maison, IMMENSE, en fait quatre ou cinq maisons regroupées dans lesquelles habitent plusieurs familles plus ou moins proches. Ces maisons énormes sont typiques d´ici, construites et agrandies grâce aux envois d´argent des membres de la famille expatriés en Espagne ou aux U.S.

Y. a une chambre séparée qui ferme a clef. Elle m´explique qu´elle a dû casser la vitre une fois où elle avait oublié sa clef.

Il fait froid.

J´ai encore un rhume débile (can´t get used to that climate it seems), alors je garde mon manteau (et les trois couches dessous) et mon bonnet. Y. me dit de me mettre à l´aise, allume la télé, et me dit qu´elle doit aller dans la salle du bas pour appeler sa soeur aux U.S. avec skype. Je feuillette un magazine gringo, lis l´article sur la préparation du cochon d´inde.

Sa soeur préférée, qui l´a en quelques sortes éduquée parce que ses parents travaillaient énormément, a émigré aux U.S. il y a douze ans.

Elle ne l´a pas vu depuis douze ans.

La fête est pour le fils d´une autre soeur. Les relations sont conflictuelles.
La soeur a été chassée de la maison quand elle est devenue fille-mère (le copain, américain, a décidé de ne pas rester), mais les parents ont changé d´avis avec ce premier petit fils qu´ils adorent. Mais la mère travaille énormément, n´a pas une vie facile et peut être odieuse avec Y. “pourquoi t´es devenue prof? C´est le pire métier du monde.” “Tu sors encore? Pourquoi”

Jalousie….

Back to the fiesta, qui a lieu dans ce qui ressemble carrément à une salle de bal: système hi fi à fond la caisse, chaises placées tout autour de la salle, dance floor.

“Ahora, el graduo y su mama van a bailar el baile tradicional, el paso doble! ” dit le DJ dans son micro.

Je suis avec Y. dans la cuisine adjacente, fascinée par le cochon d´inde dépecé, tout rose comme un nouveau né, avec du percil dans la bouche, bien au frais dans la casserole, qui doit être cuisiné le lendemain.  Elle prépare un vin chaud.

“Il déteste danser !”

Effectivement, il a l´air de s´amuser, le graduo, c´est fou!

Puis il doit danser avec sa grand-mère, qui a pleuré durant son discours, en remerciant dieu pour l´éducation de son petit fils.

Quand je dis il danse avec untelle, ça veut dire que TOUT LE MONDE est assis sur les chaises autour de la pièce et tous les yeux sont fixés sur le couple en train de danser…. Well, tous sauf l´arrière grand-mère, toute menue avec sa jupe de velour plissée et son chapeau de feutre traditionnel, complètement endormie. Il faut dire que la fête, prévue à 20h30 a commencée à 22h30.

Heureusement que Y. sait que je déteste danser….

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